Wed. Aug 17th, 2022
Photographie de couverture du rapport. Credits image: PNUE

La gestion concertée des ressources naturelles transfrontalières : un premier pas vers la résolution
des conflits environnementaux et sociaux binationaux


La zone frontalière haïtiano-dominicaine peut être différemment perçue par les différents observateurs
qui ont décidé de l’étudier d’une manière ou d’une autre. Certains la considèrent comme un espace
qui, en dépit des situations qu’il peut susciter, permet le rapprochement des deux peuples ou comme
un lieu d’apprentissage, grâce aux différentes expériences qui s’y font en matière d’échange et de
coopération. D’autres cependant la considèrent comme une région où les citoyens vivent dans un état
d’isolement et de pauvreté, qui freine leur développement en tant qu’êtres humains.


Quel que soit le point de vue adopté, il y a une réalité qui saute aux yeux et qu’on ne peut pas nier:
la zone frontalière constitue un carrefour névralgique non seulement pour le développement des
communautés locales mais aussi pour la mise en œuvre des stratégies et des initiatives conjointes de
coopération entre Haïti et la République dominicaine. Aussi, les gouvernements, la société civile et les
agences de coopération des deux pays ont-ils renforcé leur action au niveau de la frontière, suivant en
cela les exemples et initiatives de collaboration qui ont fait leurs preuves.


À cet effet, mentionnons celles adoptées tant au niveau communautaire qu’au niveau gouvernemental
pour faire face aux différents problèmes qui se posent dans la zone frontalière, dont certains résultent de
l’exploitation inconsidérée des ressources naturelles. De même, nous saluons les efforts de la Commission
mixte haïtiano-dominicaine, qui est, en ce sens, l’initiative phare qui doit guider les interventions que nous
souhaitons effectuer au niveau binational dans cette zone. À ’instar de cette initiative élaborée dans les
plus hautes sphères des deux États, de plus en plus de programmes bilatéraux sont mis en œuvre dans
la région.


On retrouve une dynamique semblable dans le secteur de l’environnement. Le 16 mai 2011, le ministère
de l’Environnement et des Ressources Naturelles de la République Dominicaine, le ministère de l’Environnement d’Haïti ainsi que le Secrétariat du ministère norvégien des Affaires Étrangères ont signé la
« Déclaration d’intention de Ouanaminthe pour la coopération triangulaire entre la République d’Haïti,
la République Dominicaine et le ministère des Affaires Étrangères de la Norvège afin d’appuyer le programme Frontière Verte ». Elle prévoit la mise en œuvre du Projet de revégétalisation et de gestion des ressources naturelles transfrontières: Phase I bassins versants des Rivières Massacre et Pedernales avec ’assistance technique du PNUD et du PNUE. Ceci constitue une preuve supplémentaire de la volonté de nos deux gouvernements d’aborder conjointement les problèmes liés à la gestion des ressources naturelles à la frontière.


Nous sommes conscients que pour aborder le problème de la zone frontalière, il faut une profonde compréhension et un bon diagnostic des causes qui ’alimentent. C’est pourquoi nous accueillons favorablement la publication de ce rapport diagnostic sur la situation des ressources naturelles transfrontalières et les relations qu’elles entretiennent avec différents aspects de la vie, tant au niveau de la frontière qu’à l’intérieur de nos deux pays. Ce document fournit des informations sur les ressources et leurs différentes ramifications comme le commerce, ’agriculture, les mouvements humains, ’énergie, etc.


Il permet d’actualiser une série d’informations et de confirmer le lien étroit qui existe entre la situation
des ressources naturelles transfrontalières et la pauvreté et, corollairement, les situations récurrentes de
conflits sociaux. En ce sens, il représente un outil de première main qui aidera à la prise de décisions
pour les années à venir.


Haïti – République dominicaine : défis environnementaux dans la zone frontalière 5

En félicitant tous ceux qui, au sein de nos deux ministères, du PNUE et des autres institutions, ont contribué à
la préparation de ce rapport, nous invitons tous les acteurs qui interviennent ou qui sont appelés à intervenir
dans la zone frontalière à le consulter et à prendre en compte ses recommandations pour orienter leurs
actions. Quant à nous, nous sommes fermement déterminés et résolus à porter au plus haut niveau de
nos deux gouvernements les conclusions et recommandations de ce rapport afin qu’elles soient prises
en compte dans les décisions politiques qui orienteront nos interventions à la frontière, notamment par
le biais de la Commission mixte haïtiano-dominicaine.


DR JEAN FRANCOIS THOMAS
Ministre de l’Environnement,
Haïti


DR BAUTISTA ROJAS GÓMEZ
Ministre de l’Environnement et
des Ressources Naturelles,
République Dominicaine